Pages

Affichage des articles dont le libellé est émotion. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est émotion. Afficher tous les articles

mardi 8 juillet 2014

Derniers jours...

… Dernières impressions.

Ensuite, promis, je tourne la page : les prochains articles porteront sur les maths !

Je n'aime pas particulièrement « partir à la retraite » - je n'aime déjà pas particulièrement les longues vacances, alors...

Mais je m'y ferai, bien sûr.

Là, je voudrais juste revivre deux beaux moments...
Et très rapidement un troisième, plus mitigé.

Mardi 24 juin, tout d'abord.

À 10 heures, mon dernier cours avec les troisièmes... Et un élève, un seul élève, « rangé » dans le couloir, devant l'entrée de ma salle. Le cœur un peu gros, je lui dis tout de même de  rentrer ; je laisse évidemment la porte ouverte, dans l'attente (l’espoir ?) d'éventuels retardataires.
Yan Wu s'assied au premier rang, me dit qu'il aimerait revenir sur les fonctions affines. Pourquoi pas ? Je lui demande de m'attendre, je prends le risque très mesuré de le laisser deux minutes seul – il n'a vraiment rien d'un dangereux agitateur – pour aller lui imprimer quelques pages.
Mais en revenant vers la salle, j'entends la CPE crier : « Monsieur Colliard, vite ! Il y a un problème avec Yan Wu ».

Coup de panique, évidemment. Catherine, la  CPE, ne m'appelle « Monsieur Colliard » que dans les instants graves. Je me précipite. Elle est là, devant la porte, l'air inquiet.
Mais Yan Wu me semble tout à fait normal ! Je lui demande ce qu'il y a, il commence à me dire quelque chose comme « à propos des fonctions affines... », de soulagement, je suis presque désagréable... 

Et là, toute la classe déboule dans mon dos, avec ses autres profs, m’entoure, me brandit un T-shirt blanc surchargé de signatures et de commentaires, et commence à me chanter une chanson idiote !

Une très belle dernière heure de cours (mais nous n'avons pas beaucoup parlé des fonctions affines).

Mercredi 2 juillet, ensuite.

Le déjeuner de fin d'année, offert par l'amicale du collège et traditionnellement précédé des cadeaux aux nouveaux parents et des adieux aux stagiaires et aux partants.

Les partants, il y en avait 5. Trois agent(e)s de service – Christine, Rakya et Serge –  Et deux profs : Morgane, qui « mutait » ... Et moi, qui faisais un peu plus que muter.

Ça a commencé plutôt fort : Christine pleurait et Morgane – l’une des profs les plus aimé(e)s du collège – serrait les dents pour ne pas l’imiter.

Puis mon tour est venu. Alain, le principal – et un ami ! – m'a exécuté dans un discours de trois pages.

Ensuite, ils s'y sont tous mis : dans une sorte de chorale semi-improvisée (et horriblement discordante), j'ai eu droit à une chansonnette tendrement kitsch, à un slogan fièrement arboré, au premier rang, par trois complices, à quelques perruques aux longs cheveux argentés, supposées rappeler ma crinière...

Et même, porté par Catherine (oui, la CPE), à un T-shirt imprimé «… Donc, d’après… ».



… Et oui, j’ai également serré les dents …

Et le troisième moment ?

La « réception du corps enseignant » à la mairie de Courbevoie :

une centaine de personnes, sagement assises, écoutent le discours de l'adjoint à l’enseignement, puis du maire. Puis, rapidement, la remise des médailles de la ville à une dizaine de partants. Dont deux « médailles d'or » : la première pour une inspectrice du primaire; la deuxième pour moi – ou, plus exactement, pour mes 39 ans de présence à Courbevoie – accompagnée de mots très gentils de l'adjoint à l'enseignement.

"Ma" médaille est également accompagnée d'un petit carton qui vante sa qualité... Et d'une étiquette, marquée à mon nom et scotchée au verso.

Courbevoie n'aurait donc pas les moyens de faire graver ses médailles ?


Non, je ne veux pas finir là-dessus.

Alors une pensée reconnaissante pour les représentants des deux fédérations de parents d'élèves qui, au dernier C.A., m'ont offert un excellent whisky.

Qu’ils en soient ici remerciés… A votre santé, à tou(te)s !







samedi 21 juin 2014

Séquence émotion : une quatrième B magique !


Là, vous m'avez eu !
En entrant en classe, Lucas
- ou est-ce Joey ? - m'a tendu une enveloppe marron d'apparence très administrative :
« vous avez du courrier M’sieur »... Avec, tout de même, un petit sourire.

Vous vous êtes installés, peut-être un peu plus silencieux que d'habitude. J'ai posé l'enveloppe sur le bureau, sans trop m'y intéresser, je n'avais pas compris.

Comme d'habitude, j'ai noté les absents sur l'ordinateur, comme d'habitude vous avez tous sorti un bloc et un stylo
(oui, « et rien d'autre ! »).

Puis j'ai ouvert cette enveloppe. J'ai lu. En silence. Un vrai silence : vous me regardiez, et moi, je ne pouvais pas parler.

Ce n'est pas que vous ayez écrit de grandes phrases, ni qu'il soit bien original que des élèves disent adieu à leur prof.
Non. C'était toute l'atmosphère. L'intensité de votre silence, le travail de composition de ce petit livret, ce que vous écriviez.

J'avais envie de pleurer... Mais ça ne se fait pas, n'est-ce pas ?
Pendant plusieurs minutes, j'ai marché de long en large, devant vous. Je ne pouvais toujours pas parler, et vous le saviez.

Puis ma voix est revenue… Plus ou moins. Je vous ai remerciés, bien sûr. Je vous ai dit - et c'était vrai - que vous alliez me manquer. Vous avez applaudi. Longuement, peut-être pour me laisser le temps de me reprendre. Je vous ai demandé l’autorisation de « publier » votre courrier. J’ai également emprunté à Aïtana ses cahiers exceptionnels (je les publierai peut-être un jour, si elle me le permet).

A mon tour, je vous ai un peu surpris en offrant "... Donc, d'après..." à trois d'entre vous
- que tous les autres ont également applaudis, sans aucune mesquinerie.J'aurais bien aimé en offrir un exemplaire à chacun(e) (à quoi sert-il d'écrire un bouquin si on ne le partage pas ?), mais, je vous l'ai dit, je n'en avais pas les moyens !

Et nous avons travaillé, une dernière fois.

Dans les mouvements de la sortie de classe,
une main anonyme a écrit au tableau « on vous aime ».

Moi aussi, je vous aime.

Merci à tou(te)s.

Philippe Colliard

P.S. : votre livret est ici –fautes d’orthographe comprises !