Pages

vendredi 18 février 2022

Sept voyages au cœur des premiers mots de la géométrie

 
 
 (Plus qu’une mise à jour, une réécriture d’un article de 2017, aujourd’hui dépassé)
 
 
         

 
 L’une des difficultés de la géométrie au collège provient du flou qui entoure le vocabulaire utilisé :

 qu’est-ce qu’un solide ?

 Un angle est-il une ligne (la réunion de 2 demi-droites de même origine) ou une surface (une partie du plan déterminé par ces 2 demi-droites) ? Ou autre chose encore ?

 Et qu’est-ce qu’un polygone ?

 Que signifie « entre » ? Ou « deux droites… confondues » ?

 Je souhaite depuis bien longtemps participer à une harmonisation de ce vocabulaire, et il m’a semblé que partager la 1ère partie de «… Donc, d’après… » irait dans ce sens.

 Les bases (de la géométrie au cycle 4… et un peu plus) que j’y ai construites, en « 7 voyages » et environ 80 pages, sont cohérentes et raisonnablement efficaces : je les ai utilisées en classe durant de (très) nombreuses années et celles et ceux de mes collègues qui les utilisent à leur tour en semblent satisfait(e)s.

J’ai fini par franchir le pas, les 98 pages de la première partie du livre (les 80 pages citées et quelques précisions en avant-propos, ainsi que les axiomes de David Hilbert, dont je me suis inspiré pour construire le livre) sont maintenant à votre disposition au format PDF.
Elles sont sous licence « Creative Commons » :

vous pouvez les dupliquer, les imprimer et les diffuser sans autres contraintes que le respect des licences indiquées : Conserver l’attribution à l'auteur (1ère ligne en haut de page) - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modifications.

Vous les trouverez soit sur le site du livre , en cliquant sur « Quelques textes à la disposition des professeurs, des élèves (et de leurs parents) et des autres personnes que cela pourrait intéresser », soit en cliquant directement  sur ce lien.

Alors... servez-vous, si le principe vous intéresse !

(Je ne prétends bien entendu pas détenir « la » vérité, d’autres bases sont évidemment possibles et cohérentes. Je me contente d’apporter une pierre à l’édifice !)

Par ailleurs, pour celles et ceux que la querelle sur les angles – et les polygones – intéresserait,

vous pouvez jeter un coup d’œil sur cet ancien article du blog : 

                       dans les coulisses de l’arborescence : les angles

 Merci à celles et ceux qui ne m’ont pas oublié.

 À bientôt, maintenant :)

  Philippe Colliard     Qui je suis

dimanche 18 octobre 2020

Un mail qui fait du bien

 

J’ai reçu ce mail hier soir, après un silence de 12 ans. Après les émotions pénibles que nous avons tous vécues, il était merveilleusement bienvenu.

 Non, je n’ai pas seulement enseigné les maths pour « les meilleurs des meilleurs »… et quelles que soient mes classes, les maths que j’enseignais étaient toujours les mêmes : des maths pour « leur goût » (simplement, dans mes classes les plus faibles j’en enseignais un peu moins, plus lentement). Alors évidemment, ce mail me fait chaud au cœur.

 Et il illustre tellement bien les derniers paragraphes de cet article,
« le goût des maths », que le site du CNRS « Image des mathématiques » vient de rediffuser que…

 … bon, s’il vous plaît, lisez-le !

 Et encore merci de votre fidélité à ce blog (n’hésitez pas à le partager) !

 Philippe Colliard


jeudi 15 octobre 2020

Un carré est-il un rectangle ? ... Aaargh !

 

 
Il y a une dizaine de jours, en « feuilletant » Twitter, je suis tombé sur cette question d’une collègue qui se désespérait de ne pas réussir à convaincre ses élèves que oui, un carré est un rectangle. Et qui lançait un appel à l’aide : quelqu’un aurait-il l’idée de manipulations matérielles qui lui permettraient d’y arriver.

 Et là, je ne suis pas d’accord avec ma collègue (dont par ailleurs j’apprécie les interventions) : des manipulations, il y en a… ou plus exactement il y en aurait plein – et j’y reviendrai. Mais en amont de ces éventuelles manipulations il manque une volonté, celle de construire la géométrie au collège.

 Cette volonté manque cruellement dans les programmes. Bon, j’ai déjà largement eu l’occasion de gémir là-dessus dans un article d’Images des mathématiques – Collèges : veut-on mettre la géométrie à la poubelle ? – alors je ne vais pas recommencer ici, mais ce laxisme officiel a malheureusement un effet pernicieux sur les professeurs eux-mêmes : si leur hiérarchie leur fait clairement comprendre qu’ils peuvent (doivent ?) se contenter d’appliquer la géométrie à quelques situations bien convenues, pourquoi voulez-vous qu’ils en fassent plus ?

 Il est invraisemblable que la majorité des élèves de collège puisse encore confondre longueur et aire (parce qu’ils confondent ligne et surface) et de nombreux collègues s’en exaspèrent… peut-être parce qu’il s’agit d’une de ces situations convenues commentées par leur hiérarchie.

 Il est tout aussi invraisemblable qu’une majorité d’élèves se demande encore si un carré est un rectangle, mais là, les collègues qui s’en exaspèrent sont bien plus rares. J’ai même eu des commentaires de personnes qui trouvaient cette question légitime, voire même qui « estimaient » qu’un carré n’était pas un rectangle.

 Et pourtant, est-ce qu’un professeur cesse d’être un être humain ? Euh, au vu des réactions de certains élèves, la question est peut-être mal choisie, alors :
est-ce qu’un chat noir cesse d’être un chat ? Bon, oui, dans certains manuels de sorcellerie, mais dans la réalité ?

 Toute cette polémique a pour origine l’ignorance d’un des principes de la logique qui nous est habituelle : un objet (au sens large, êtres vivants compris) auquel on découvre une nouvelle propriété ne cesse pas d’être ce qu’il était avant cette découverte.

 Plus « scientifiquement » : si parmi les objets d’une catégorie A, on découvre à certains une caractéristique supplémentaire par rapport aux autres, ces objets seront toujours des A… peut-être, s’ils sont suffisamment intéressants ou nombreux les appellera-t-on des A+ ou des A-B. Peut-être même s’ils sont suffisamment exceptionnels finira-t-on par les appeler simplement des B, mais toutes les personnes instruites sauront que ces B sont des cas particuliers de A !

 « Ignorance »… « instruites »… rappelez-moi : quel est le but de notre système d’éducation ?

Rappelez-moi encore : quel paragraphe, quelle ligne, quel mot des programmes officiels incite les professeurs de mathématiques à – oh non pas construire, mais tout au moins ébaucher une arborescence de notre géométrie ? Je ne parle même pas d’en introduire les éléments dans un ordre logique plutôt que de les jeter en vrac et en pâture à un public captif.

 Bon, je ne vais pas rêver : ma voix ne portera pas bien loin.

 Mais je peux au moins proposer quelques éléments de réponse, quelques manipulations plus ou moins matérielles à ma collègue désespérée – ne serait-ce que parce que critiquer sans rien proposer… non, vraiment non !

 Je dois toutefois vous en avertir : ça va vous prendre du temps ! Mais après tout, du temps j’en ai bien pris, moi, pour vous préparer tout ça, pour le mettre en forme, alors… pourquoi pas ?

 Pour commencer, je vous propose de lire les feuilles de cours que je distribuais à mes élèves, il y a encore 5 ans :

cours-5-Parallelogrammes.pdf

(oui évidemment, vous pouvez les imprimer, elles sont à votre disposition)

 Ensuite, et ça, ça ne prendra pas longtemps du tout, voici (également à votre disposition) l’introduction aux quadrilatères dans «… donc, d’après… » – et surtout une arborescence qui pourrait être à l’origine de nombreuses manipulations : par exemple en créant une version « muette » de cette arborescence (c’est-à-dire une version dans laquelle les noms des objets seraient remplacés par LA propriété qui les caractérise par rapport à leur ascendant direct), en projetant cette version muette sur un tableau blanc puis en faisant tirer à un élève une carte parmi un jeu de cartes contenant les noms de toutes les figures planes au programme et en lui demandant de suivre le chemin correspondant sur l’arborescence. Il – ou elle – pourrait même gagner des points en avançant dans sa progression… ou tout perdre en voulant aller trop loin ou en se trompant de chemin :

 http://donc-dapres.com/ebauches/textes/P3-intro-arborescence.pdf

 Enfin, mais là il faudrait vraiment que vous ayez une vingtaine de minutes à perdre, vous pourriez regarder la vidéo présentée dans le lien suivant, une version imprimée de l’arborescence à la main : vous y découvririez (à partir de la marque 4 minutes 40) un autre type de manipulation… et une utilisation bien peu conventionnelle d’un compas et d’une règle 😊.

(Pour la petite histoire, c’est réellement par cette manipulation que je présentais l’arborescence des parallélogrammes à mes élèves de cinquième !)

 https://mathemagique-com.blogspot.com/2015/02/vous-avez-dit-parallelogrammes.html

 Ah oui, j’allais oublier : l’accès aux versions numériques de «… donc, d’après… » et du tome 1 du « cours de mathématiques du cycle quatre » reste gratuit jusqu’à la fin de la pandémie… alors n’hésitez pas :

                               Donc d’après                         Cours de mathématiques, tome 1


Merci de votre fidélité à ce blog,

Philippe Colliard